Comme chacun sait, l'Eglise catholique fait mémoire le 17 novembre de Ste Elisabeth de Hongrie. Comme chacun ne sait pas, ce n'est elle pas ma sainte patronne, mais Elisabeth mère de Jean-Baptiste et cousine de Marie. Malheureusement, celle-ci est passée aux oubliettes sur les calendriers même liturgiques, et depuis ma naissance on m'a toujours souhaitée ma fête patronale le 17 novembre. Qu'à cela ne tienne, Ste Elisabeth de Hongrie est morte sous l'habit du tiers-ordre franciscain, dont elle est, avec St Louis de France, la patronne; on reste donc dans la famille franciscaine, ce qui me convient bien aussi.
Pour l'occasion, Sr Maria Mayo, enfin revenue de son congé en Espagne, m'avait invitée à venir passer la journée à Magambé. Sr Judith viendrait me chercher à la clinique en voiture, et le soir on me ramènerait à Mater Dei. Mon cadeau du jour : j'ai eu le droit de conduire la voiture, à l'aller et au retour ! Il s'agit de la Land Rover Defender qui nous avait amenés à Amadi (souvenez-vous, c'était début janvier : 10h pour 230 km). J'ai donc eu la joie et le privilège de me mettre au volant de ce char à bœufs, lourd comme un 15 tonnes, souple comme un tank, confortable comme une brouette. Pas de direction assistée, bien sûr, et un embrayage, heu … comment dire … un embrayage, quoi ! Ca fait les muscles, et des bras et des cuisses. Heureusement qu'il n'y a pas autant de circulation que chez nous, parce que j'étais surtout occupée à regarder où je pouvais mettre mes pneus. Comme il a beaucoup plu ces derniers jours, ce n'était pas toujours évident. Malgré tout, je suis arrivée à bon port, épuisée d'avoir parcouru moins de 10 km, mais fière comme un p'tit banc !
Après le repas copieux préparé par Maria, nous avons bien discuté avec Sr Josine, une religieuse Belge de passage, ancienne missionnaire à Isiro dans les années 60-70. Elle qui a connu la ville "quand Isiro était Isiro" était atterrée de l'état de délabrement des lieux et des bâtiments dont, il faut le dire, la guerre n'est pas seule responsable. Discussion passionnée et passionnante, mais hélas trop brève : il a fallu bien vite rentrer au couvent avant la nuit (en ce moment, il fait nuit à 18 heures). J'ai repris le volant avec bonheur, et c'est très fière de moi que je suis entrée dans la cour de Mater Dei et que j'ai fait un superbe demi-tour devant des Sœurs ébahies qui ne soupçonnaient même pas que je savais conduire (et croyez-moi, faire demi-tour avec ce char d'assaut, c'est presqu'un exploit).
Histoire de bien terminer la journée, j'ai envoyé Théthé acheter trois bières, que nous avons sirotées tranquillement après le repas, avec Françoise (retenue à Mater Dei pour cause de travaux de couture, à ma plus grande joie) et Noëlla, dans leur chambre (de passage à Mater Dei, Noëlla vient de Faradje et est affectée à la communauté de Mendambo, mais pour l'instant elle loge dans la chambre de Françoise). Comme nous nous entendons toutes les trois comme larrons en foire, ce fut encore un de ces moments de fraternité simple et chaleureuse, comme je les aime.
Pour l'occasion, Sr Maria Mayo, enfin revenue de son congé en Espagne, m'avait invitée à venir passer la journée à Magambé. Sr Judith viendrait me chercher à la clinique en voiture, et le soir on me ramènerait à Mater Dei. Mon cadeau du jour : j'ai eu le droit de conduire la voiture, à l'aller et au retour ! Il s'agit de la Land Rover Defender qui nous avait amenés à Amadi (souvenez-vous, c'était début janvier : 10h pour 230 km). J'ai donc eu la joie et le privilège de me mettre au volant de ce char à bœufs, lourd comme un 15 tonnes, souple comme un tank, confortable comme une brouette. Pas de direction assistée, bien sûr, et un embrayage, heu … comment dire … un embrayage, quoi ! Ca fait les muscles, et des bras et des cuisses. Heureusement qu'il n'y a pas autant de circulation que chez nous, parce que j'étais surtout occupée à regarder où je pouvais mettre mes pneus. Comme il a beaucoup plu ces derniers jours, ce n'était pas toujours évident. Malgré tout, je suis arrivée à bon port, épuisée d'avoir parcouru moins de 10 km, mais fière comme un p'tit banc !
Après le repas copieux préparé par Maria, nous avons bien discuté avec Sr Josine, une religieuse Belge de passage, ancienne missionnaire à Isiro dans les années 60-70. Elle qui a connu la ville "quand Isiro était Isiro" était atterrée de l'état de délabrement des lieux et des bâtiments dont, il faut le dire, la guerre n'est pas seule responsable. Discussion passionnée et passionnante, mais hélas trop brève : il a fallu bien vite rentrer au couvent avant la nuit (en ce moment, il fait nuit à 18 heures). J'ai repris le volant avec bonheur, et c'est très fière de moi que je suis entrée dans la cour de Mater Dei et que j'ai fait un superbe demi-tour devant des Sœurs ébahies qui ne soupçonnaient même pas que je savais conduire (et croyez-moi, faire demi-tour avec ce char d'assaut, c'est presqu'un exploit).
Histoire de bien terminer la journée, j'ai envoyé Théthé acheter trois bières, que nous avons sirotées tranquillement après le repas, avec Françoise (retenue à Mater Dei pour cause de travaux de couture, à ma plus grande joie) et Noëlla, dans leur chambre (de passage à Mater Dei, Noëlla vient de Faradje et est affectée à la communauté de Mendambo, mais pour l'instant elle loge dans la chambre de Françoise). Comme nous nous entendons toutes les trois comme larrons en foire, ce fut encore un de ces moments de fraternité simple et chaleureuse, comme je les aime.

eh bien, comme ça, ça t'a donné l'occasion de ne pas perdre la main, avec ce char à bancs ! Il n'est pas bon de rester trop longtemps sans conduire, c'est plus dur de s'y remettre. Je suppose que la plupart des soeurs ne savent pas conduire : pas eu l'occasion. Gageons que certaines vont te demander de leur apprendre ! Bisous.
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