J'y ai déjà fait allusion, une femme est venue de Butembo donner des cours de "cuisine améliorée" aux mamas d'Isiro. Histoire de varier les menus, histoire surtout d'améliorer la qualité de l'alimentation, qui se limite souvent aux haricots, poundu, épinards, bananes et riz. Certes, les autres denrées sont plus rares et plus chers, mais le manque d'instruction et l'enclavement entraînent un manque flagrant d'imagination dans tous mes domaines, dont la cuisine.
Les cours se sont étalés sur un mois et se voulaient une vraie formation professionnelle, validée par un diplôme en bonne et due forme. Dimanche a eu lieu la remise des diplômes, avec bien évidemment dégustation des plats préparés par les mamans. Vous pensez bien que je n'ai pas raté cette occasion de montrer mes talents … de photographe (il fallait bien justifier ma présence), d'autant plus que deux Sœurs de Mater Dei étaient récompensées, Françoise et la petite novice Clémentine. Je ne vous raconterai pas la journée par le menu (c'est le cas de la dire), je voudrais simplement vous faire part de mes réflexions, comme j'en ai l'habitude.
En voyant les plats préparés, en particulier les gâteaux, j'ai bien sûr pensé à mon neveu Mikaël, cuisinier de profession, et je me disais qu'il s'arracherait les cheveux en voyant ça, les formes bizarroïdes, les finitions plus qu'approximatives, etc. Et puis, j'ai regardé autour de moi, la "cuisine" où travaillaient les mamas, et je me suis demandé s'il saurait en faire autant avec aussi peu de moyens : trois gros cailloux et du bois mort pour le feu, un four à bois posé à même le sol, une seule table pour 40 personnes, un banc et quelques briques pour poser les affaires et les ingrédients, à quelques centimètres du sol poussiéreux en terre battue, toutes ces choses auxquelles je suis si bien habituée maintenant qu'elles ne me surprennent plus. Qui, parmi nous, pourraient travailler dans ces conditions ? Qui accepterait de cuisiner "au ras du sol" ? Dis-moi, mon Bikou, sans tout ton beau matériel, tes casseroles, ta cuisinière, qu'est-ce que tu ferais …?
Pour vous faire une idée par vous-mêmes, voici quelques photos de la fête :
http://picasaweb.google.com/tameonta/CollationDeGradeCuisine?feat=directlink
PS : Françoise a obtenu son diplôme avec seulement 72% (14,4/20), mais il faut dire qu'elle n'a pas participé à tous les cours, étant assez occupée par ailleurs. Pour ma part, moi qui déguste sa cuisine tous les jours, je lui mets 90%. Elle m'a dimanche préparé un "poulet pénitent" (qui se cache la tête sous les ailes), orné d'oignons violets assortis à la couleur liturgique du moment, un pur régale …
Les cours se sont étalés sur un mois et se voulaient une vraie formation professionnelle, validée par un diplôme en bonne et due forme. Dimanche a eu lieu la remise des diplômes, avec bien évidemment dégustation des plats préparés par les mamans. Vous pensez bien que je n'ai pas raté cette occasion de montrer mes talents … de photographe (il fallait bien justifier ma présence), d'autant plus que deux Sœurs de Mater Dei étaient récompensées, Françoise et la petite novice Clémentine. Je ne vous raconterai pas la journée par le menu (c'est le cas de la dire), je voudrais simplement vous faire part de mes réflexions, comme j'en ai l'habitude.
En voyant les plats préparés, en particulier les gâteaux, j'ai bien sûr pensé à mon neveu Mikaël, cuisinier de profession, et je me disais qu'il s'arracherait les cheveux en voyant ça, les formes bizarroïdes, les finitions plus qu'approximatives, etc. Et puis, j'ai regardé autour de moi, la "cuisine" où travaillaient les mamas, et je me suis demandé s'il saurait en faire autant avec aussi peu de moyens : trois gros cailloux et du bois mort pour le feu, un four à bois posé à même le sol, une seule table pour 40 personnes, un banc et quelques briques pour poser les affaires et les ingrédients, à quelques centimètres du sol poussiéreux en terre battue, toutes ces choses auxquelles je suis si bien habituée maintenant qu'elles ne me surprennent plus. Qui, parmi nous, pourraient travailler dans ces conditions ? Qui accepterait de cuisiner "au ras du sol" ? Dis-moi, mon Bikou, sans tout ton beau matériel, tes casseroles, ta cuisinière, qu'est-ce que tu ferais …?
Pour vous faire une idée par vous-mêmes, voici quelques photos de la fête :
http://picasaweb.google.com/tameonta/CollationDeGradeCuisine?feat=directlink
PS : Françoise a obtenu son diplôme avec seulement 72% (14,4/20), mais il faut dire qu'elle n'a pas participé à tous les cours, étant assez occupée par ailleurs. Pour ma part, moi qui déguste sa cuisine tous les jours, je lui mets 90%. Elle m'a dimanche préparé un "poulet pénitent" (qui se cache la tête sous les ailes), orné d'oignons violets assortis à la couleur liturgique du moment, un pur régale …

Encore de belles images!
RépondreSupprimerC'est sûr que, même pour la cuisine de tous les jours, nous serions toutes bien embarrassées dans de telles conditions! Elles ont du mérite ces femmes!
Gros bisous.
Non je ne me serais certainement pas arraché les cheveux car contrairement à toi je sais faire preuve d'un peu plus d'humilité face au travail des autres. Et je ne suis pas cuisinier mais pâtissier pour ta gouverne.
RépondreSupprimerJ'ai trouvé tes remarques tout à fait déplacées et condescendantes non seulement vis avis des « mamas » mais également à mon encontre. Je te rappelle que c'est toi qui t'es permise de juger ces femmes alors je ne comprends vraiment pas pourquoi tu me fais porter le chapeau et ce que je viens faire dans cette histoire.
Sur ce bonne continuation.
Mikaël
PS : merci Catherine d'avoir essayer de rattraper le coup. Et désolé Maman si tu lis ces lignes. Bisous a toutes les deux.
J'ai comme l'impression qu'il y a un gros malentendu dans tout cela !!! Personne ne s'est permis de juger personne. C'était surtout des comparaisons et je crois qu'Elise était plutôt admirative pour le travail de chacun. Là-dessus, je vous fais des grosses bises à tous.
RépondreSupprimerMamie a raison : il s'agit d'un gros malentendu. Je ne jugerai personne en matière de cuisine, domaine dans lequel chacun sait que je suis parfaitement nullissime ! C'était plutôt une remise en question personnelle, car la vie ici me provoque en profondeur, à un point que mes pauvres petits articles essaient maladroitement de rendre et de faire partager. Je suis dédolée de t'avoir blessé, et je t'en demande sincèrement pardon. Mais là aussi, je suis maladroite ...
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