lundi 17 janvier 2011

Plus verte ailleurs

Les Blancs, on le sait désormais, ont tout sans rien faire, et la vie en Europe est un paradis sur terre. Les Européens, de leur côté, envient souvent la nonchalance et l'insouciance des Africains, leur sens du rythme et de la danse, loin du stress de nos sociétés occidentales et de leur sacrosainte efficacité. J'avais remarqué déjà que les célibataires languissaient d'avoir une famille, alors que les mères de famille enviaient plus ou moins secrètement la "liberté" des célibataires. Les religieuses se disent que la vie hors les murs est tout de même plus simple, et les laïcs s'imaginent que la vie au couvent est cool. Et moi-même, je me prends parfois à envier le vœu d'obéissance des Sœurs qui les dispensent de se torturer le cervelet en se demandant sans cesse ce qu'elles doivent faire. Résumé de la situation : l'herbe est toujours plus verte ailleurs …
"Tout le malheur de l'homme, disait Pascal, vient du fait qu'il ne sait pas rester tranquille dans sa chambre". Je crois que son malheur vient surtout du fait que son regard reste obstinément fixé sur son nombril. Ce ne serait pas trop grave s'il en profitait pour scruter un peu ses profondeurs, aller au fond de lui-même, pour y découvrir, sous une épaisse couche de misère, le visage du Dieu à l'image duquel il a été créé. Malheureusement, ce n'est que rarement le cas, et le plus souvent il s'attarde aux apparences, au paraître, dans une naïve et bouleversante superficialité. Et ainsi il passe le plus clair de son temps à négliger ce qu'il a pour courir après ce qu'il n'a pas; plus grave encore : il néglige ce qu'il est pour courir après ce qu'il n'est pas, et que d'ailleurs personne ne lui demande d'être !
"Malheureux homme que je suis ! disait St Paul aux chrétiens de Rome, qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort ?" (Rm 7, 24)
Qui nous délivrera de cet esprit de convoitise, de ce besoin d'avoir ce qu'à l'autre, d'être ce qu'est l'autre ? Qui nous aidera à ne plus avoir peur de nous-mêmes, de ce que nous sommes ? Qui nous apprendra à nous accepter nous-mêmes, à nous aimer nous-mêmes, avec notre misère, bien sûr, mais aussi avec notre beauté propre et unique, reflet de la gloire éternelle de notre Créateur ?
Qui ? "Grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur ! " (Rm 7, 25)

1 commentaires:

  1. Merci de ces réflexions. Eh oui ! Il faudrait avoir envers nous-mêmes la charité que nous essayons d'avoir pour les autres, et nous pardonner comme nous essayons de pardonner aux autres. Qui a dit que la vie était simple ?

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