lundi 21 février 2011

Souffler un peu

Je suis en vacances. Plus exactement, j'ai demandé (et obtenu) de la Révérende Sœur Administrateur Gestionnaire des Cliniques Universitaires de l'Uélé (Caro, pour faire plus court) quelques jours de congés pour préparer une série de "conférences de carême" (ça fait bien, hein ?) pour l'aumônerie de l'université. C'est pas mal de boulot, mais ça me permet de prendre un peu de recul par rapport à la clinique, où les conditions de travail sont un peu difficiles en ce moment.
Essayons de résumer la situation : le Dr Mandana ayant donné au mois d'août dernier sa démission de Médecin Directeur, c'est la Sr Jeannine, jusqu'alors Médecin Directeur Adjoint, qui assure l'intérim, en attendant l'oiseau rare : un médecin compétent et expérimenté acceptant de s'exiler dans ce trou du cul du monde qu'est Isiro pour mettre de l'ordre dans la clinique moyennant un salaire dérisoire. Jeannine étant par ailleurs Secrétaire facultaire à l'université a un agenda légèrement surchargé (sans compter la vie communautaire, qui est tout sauf tranquille). Il lui a fallu entre autre gérer un mouvement de grèves des infirmiers, début décembre, qui s'est soldé par un échec retentissant et une prime de décembre quasiment inexistante. Depuis, elle est partie à Kisangani pour régler les dossiers d'inscription de spécialisation des nouveaux médecins; et là, catastrophe : suite à une consultation chez un spécialiste, elle a du être opérée, je ne sais pas de quoi exactement. Tout ce que je sais, c'est qu'on ne va pas la revoir à la clinique avant deux ou trois mois.
Il faut ajouter à cela que la Sr Marie-Claire, intendante de la clinique, est partie en congé en novembre et n'est jamais revenue (une de ses consœurs m'a dit qu'elle était à Goma pour des études, mais le bruit court avec insistance qu'elle aurait quitté sa communauté). Donc le moins que l'on puisse dire est que la situation est bloquée; la pauvre Sœur Caro, qui doit assumer l'intendance en plus de l'administration, n'ayant plus le temps que d'expédier les affaires courantes, il est hors de question de faire des projets. Petite précision : lors des dernières mutations d'octobre, elle a aussi été nommée économe locale de sa communauté ("c'est pour m'achever" dit-elle). Et il y a aussi la préparation du Chapitre général de la congrégation, en août prochain, ce qui, dans le contexte de l'Église locale, n'est pas une mince affaire (qui sera élue Supérieure Générale ? Et Vicaire générale ? les paris sont ouverts …).
Donc ce petit congé (oh, une semaine, pas plus) me permet de me refaire une santé avant d'aborder la suite de ma mission : remettre à plat l'organisation de l'intendance (et pourquoi pas aussi de la pharmacie), tout en continuant la gestion quotidienne du labo, pour lequel, hélas, je ne peux plus faire grand-chose dans le peu de temps qui me reste. Mais si je peux aider à la réorganisation de l'établissement (qui est bien loin du niveau universitaire qui devrait être le sien), pourquoi pas (mes collègues de Probio savent de quoi je suis capable question organisation).
Quoi qu'il en soit, vous aurez peut-être remarqué à la lecture de mes derniers articles que votre soutien et vos prières ne sont pas superflus en ce moment. Soyez-en tous vivement remerciés.

2 commentaires:

  1. Courage, ma chérie. Tu sais bien que tout ce travail ne sera pas vain, même s'il n'est pas au niveau de tes espérances. Le Seigneur travaille avec vous, au labo-de-là-bas ! Les résultats, sur le plan de la fréquentation et des gains, que tu as donnés dans un de tes récents articles, sont extrêmement encourageants. Prépare bien tes "conférences de Carême". Bon, ce ne seront pas celles de Notre-Dame de Paris, mais je sais que tu donneras ton maximum, comme d'habitude. On est là, nous aussi, et on te soutient de nos prières. Bisous, ma grande.

    RépondreSupprimer
  2. Et bien dis-donc, ce n'est pas de tout repos cette mission au Congo!! Il n'est pas un jour sans que je pense à toi. Courage, ma petite soeur, tu vas t'en sortir!
    Espérons aussi que les Congolais arriveront à améliorer leurs conditions de vie et de travail...
    Je te fais de grosses, grosses bises et toute la famille avec moi.

    RépondreSupprimer