La Sr Pia, la septantaine bien sonnée, résidant au couvent St Ignace dans le quartier Tély, était malade depuis plusieurs mois. Il y a quelques semaines, elle a fini par aller à Kinshasa pour des examens plus approfondis. Résultat des courses : cancer du sein avec métastases généralisées. Comme il n'y avait plus rien à faire, elle est donc revenue à Isiro dimanche dernier. La pauvre souffrait tellement que ce fut presqu'un soulagement d'apprendre son décès, samedi soir vers 19h30. J'appelle immédiatement Françoise (qui finalement va rester auprès de sa maman malade plutôt que d'aller se faire tuer par la LRA à Ndedu) pour lui annoncer la nouvelle. Petit à petit, toutes les Sœurs de Mater Dei se rendent à Tély pour la nuit de deuil, à pied, en moto ou en voiture. Lorsque j'arrive à mon tour, cela fait une heure que la Sœur est décédée, on prépare la salle où le corps sera exposé. Il y a déjà un peu de monde, surtout des orphelins dont la Sœur s'était occupée; ils sont maintenant tous adultes et souvent eux-mêmes parents. Lorsqu'on amène le corps, j'assiste à nouveau à cette scène à laquelle je suis maintenant habituée mais qui me laisse toujours pensive : on se bouscule pour voir le corps et le toucher, on crie, on pleure, on se roule par terre. Une femme tombe en syncope, on l'allonge dehors pour la ranimer, mais personne ne s'en émeut outre mesure, c'est une scène classique. Je m'approche de la Mère Jeanne et je lui dis simplement : "Nous n'avons pas la même culture". Elle me répond : "Ici, l'évangile n'a pas pénétré très profondément; nous devons encore christianiser la mort".
Je reste jusqu'à 23 heures, puis je me fais ramener à Mater Dei pour dormir un peu. Je reviens le dimanche matin, simplement pour faire acte de présence, montrer ma compassion. La messe est prévue pour 14 heures, suivie de l'enterrement. Je n'y serai pas, car aujourd'hui doit commencer le cycle de conférences de Carême que nous donnons avec Sr Maria Mayo, à l'université à 15 heures. Titre de la première conférence : "La dignité de l'être humain", et c'est moi qui m'y colle (comme si je connaissais quelque chose au sujet !). Lorsque notre petite causerie s'achève, vers 17 heures, nous rejoignions le cimetière où l'enterrement se termine. Retour à St Ignace pour la collation de rigueur, arrosée d'une petite bière …
Je reviens à Mater Dei au moment où l'électricité arrive, pour écrire cet article et me connecter. Je tombe de fatigue et je commence à avoir mal à la tête malgré le paracétamol préventif (pourtant je n'ai bu qu'une demi-bouteille de bière, partagée avec Françoise; mais il est vrai qu'une demi-bouteille, ça fait quand même deux grands verres). La semaine avait été difficile au labo, beaucoup de boulot et de soucis divers, je comptais sur ce week-end pour me reposer un peu, c'est raté. Décidément, l'homme propose et Dieu dispose …
Je reste jusqu'à 23 heures, puis je me fais ramener à Mater Dei pour dormir un peu. Je reviens le dimanche matin, simplement pour faire acte de présence, montrer ma compassion. La messe est prévue pour 14 heures, suivie de l'enterrement. Je n'y serai pas, car aujourd'hui doit commencer le cycle de conférences de Carême que nous donnons avec Sr Maria Mayo, à l'université à 15 heures. Titre de la première conférence : "La dignité de l'être humain", et c'est moi qui m'y colle (comme si je connaissais quelque chose au sujet !). Lorsque notre petite causerie s'achève, vers 17 heures, nous rejoignions le cimetière où l'enterrement se termine. Retour à St Ignace pour la collation de rigueur, arrosée d'une petite bière …
Je reviens à Mater Dei au moment où l'électricité arrive, pour écrire cet article et me connecter. Je tombe de fatigue et je commence à avoir mal à la tête malgré le paracétamol préventif (pourtant je n'ai bu qu'une demi-bouteille de bière, partagée avec Françoise; mais il est vrai qu'une demi-bouteille, ça fait quand même deux grands verres). La semaine avait été difficile au labo, beaucoup de boulot et de soucis divers, je comptais sur ce week-end pour me reposer un peu, c'est raté. Décidément, l'homme propose et Dieu dispose …

Courage! :)
RépondreSupprimerQuand j'entends parler de scènes de deuil comme celles-ci, je pense toujours au "Stabat Mater", Marie debout au pied de la croix.
RépondreSupprimerEssaie quand même de te reposer un peu ; il me tarde tant que tu reviennes !