mercredi 11 mai 2011

Bienheureuse malaria !

Vendredi 6 mai a eu lieu le baptême de ma nouvelle filleule, petite Aimée (45 ans, presque jour pour jour, après mon propre baptême). Dans les jours précédents, nous nous étions bien affairés à tout préparer pour la fête : acheter les petits souliers, les petites chaussettes (la robe était déjà prête depuis un moment, avec une tante couturière, c'était facile), la bougie de baptême (décorée avec amour par sa marraine), et bien sûr tout ce qu'il faut pour le repas. Jeudi, on a tué la petite chèvre ramenée de Mungbere par le neveu Jean-Paul, trié et pilé le pundu (toutes les femmes du quartier s'y sont mises), acheté un casier de bière, préparé les sambusas (jusqu'à 21 heures, à la lueur de la torche). Même la pluie qui s'était invitée l'après-midi n'a pas pu entamer la bonne humeur de chacun ni briser cette ambiance si caractéristique de préparatifs de fête. Ce que personne n'avait prévu, en revanche, c'est que la marraine allait se réveiller le jour J avec une malaria d'autant plus mauvaise qu'elle avait omis de se reposer à la dernière crise, à peine trois semaines plus tôt. Qu'à cela ne tienne, je suis partie vaille que vaille à 7h30 à la paroisse St Rosaire pour le baptême, sac au dos et guitare à la main (j'ai espéré jusqu'au bout un miracle qui me permettrait de jouer pour les invités). La cérémonie s'est passée un peu dans le brouillard, mais j'ai pu tenir quand même jusqu'au bout, la petite dans mes bras, pour la plus grande joie des familles des autres petits baptisés : une "mama wa molimo" (maman d'âme) mondele, ce n'est pas fréquent. Et tant pis si la marraine en question était encore plus blanche que d'habitude !
De retour à la maison, je n'ai guère pu profiter des festivités, que j'ai suivies de loin, allongée sur le lit. Mais j'entendais les gens rire et s'amuser, et j'étais remplie de joie. Il y avait de la musique, tout le quartier est venu pour danser et profiter de la fête. Du coup, la maman de Françoise était toute contente aussi : sa maladie n'empêche pas la petite tribu de s'amuser quand il le faut. Le soir, Isabelle (la Française de Médair, que j'avais invitée pour l'occasion) m'a ramenée au couvent en voiture. Du coup, je suis restée trois jours allongée sur mon lit du matin au soir; la leçon a porté : quand on a la malaria il faut se reposer, même si on n'a plus de douleur ni de fièvre. Françoise me faisait porter des décoctions de sa composition pour que je me remette plus vite. Elle n'a qu'une peur : que je sois si malade qu'on me rapatrie d'urgence. Qu'elle se rassure : ce n'est pas encore pour cette fois-ci.
Mais cette maladie a eu au moins trois conséquences positives : la première, c'est qu'ici, la mama wa molimo devient vraiment comme la mère de l'enfant; et pour le coup, je peux dire que j'ai accouché dans la douleur ! La deuxième, c'est que je me suis sentie entourée d'amour et de gentillesse, comme un membre de la famille. La troisième, c'est que j'avais un très grand besoin de me reposer, mais que je ne me serais jamais permise de rester ainsi trois jours au lit si je n'avais pas été malade. A quelque chose, malheur est bon !

PS Bien sûr, je n'ai pas oublié mes deux autres filleules, Émilie et Andrée, dont les anniversaires ont eu lieu récemment. Qu'elles sachent que je les porte toujours dans mon cœur et dans mes prières.

2 commentaires:

  1. Tout s'explique... Tu as en effet une toute petite mine sur certaines photos. Ravie de savoir que tu vas mieux. Bises.

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  2. Prends bien soin de toi petite soeur!
    Oui, Emilie vient de fêter son anniversaire et ça ne nous rajeunit pas: on n'a pas mis toutes les bougies sur le gâteau, ça commence à en faire un peu beaucoup!!
    Nous te faisons plein de grosses, grosses bises.

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