vendredi 17 juin 2011

Gratuité

Suite à mon dernier article, mes sœurs m'ont laissé chacune un commentaire très intéressant. Et chacune, à sa manière, me rappelle la phrase de Péguy : "On ne travaille jamais que pour les enfants. Ce n'est point l'enfant qui va aux champs, qui laboure et qui sème, et qui moissonne et qui vendange et qui taille la vigne et qui abat les arbres et qui scie le bois pour l'hiver. Mais est-ce que le père aurait le cœur à travailler s'il n'y avait pas ses enfants, si ça n'était pas pour ses enfants ?" (Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu).
"Ne serait-il pas plus sain de faire les choses pour soi-même". Si certainement; mais il se trouve que j'ai signé un contrat, que j'ai une mission à remplir, et que je suis logée, nourrie et (grassement) payée pour cela. J'ai donc un certain devoir envers mes employeurs, qui ont consenti beaucoup de sacrifices pour moi. Malgré tout, je suis d'accord avec le fait qu'il ne faut pas chercher à être utile. C'est pourquoi j'ai utilisé le terme "porter du fruit", ce qui n'est pas la même chose. Efficacité et fécondité sont des réalités fort différentes. Nous, occidentaux, vivons dans un monde et une culture centrés presqu'uniquement sur l'efficacité, au détriment justement de la fécondité. Or la fécondité est précisément ce qui nous échappe, elle est de l'ordre de la gratuité, et nous en sommes, hélas, très éloignés (et les Africains aussi, malgré les apparences).
Je crois qu'il faut toute une vie pour entrer petit à petit dans la véritable gratuité. Peut-être n'y arriverons nous vraiment que le jour où nous nous présenterons face à Dieu, qui est, lui, éternellement gratuit, car éternellement donné …

1 commentaires:

  1. Depuis déjà quelque temps, je "médite" une petite phrase de Jeanne d'Arc :"Nous guerroirons et Dieu donnera la victoire" ! Faisons donc notre travail (même si c'est guerroyer contre l'inertie, le laisser-aller, la mauvaise volonté)humblement, au jour le jour : l'accomplissement ne nous appartient pas, en définitive ! Bisous, ma chérie.

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