Après ces considérations philosophico-théologiques, retour au quotidien. Et le quotidien pour l'instant, c'est qu'il y a à Isiro trois étudiants autrichiens venus faire des recherches pour leurs thèses, et qui passent donc régulièrement au labo, où je n'ai absolument pas le temps de m'occuper d'eux vu qu'on est débordé de boulot. Apparemment, ils sont aussi venus pour boire de la bière et aller en boîte tous les soirs (il y a des boîtes à Isiro, si, si !). Ils sont jeunes …
Samedi soir, il m'est arrivé une aventure bizarre. Nous étions invités, les trois autrichiens et moi, à manger au site de Médair. Il y a là quatre expatriés, deux Français (Isabelle, dont j'ai déjà parlé, et Thomas) et deux Anglais (Pete et Lizzy), tous autour de la trentaine. Nous étions donc entre Blancs, il y avait des pizzas et du vin rouge, des olives et du fromage, le rêve. Pourtant, au bout d'un moment, je me suis franchement demandé ce que je faisais là. Certes, tout le monde parlait en anglais et j'avais un peu du mal à suivre. Mais surtout, la conversation était à mille lieux de mes préoccupations : superficielle, un peu fade, des trucs de jeunes Blancs, d'expat' venus là pour bosser et point-barre. Je me suis sentie aussi étrangère parmi ces Blancs que je le suis parmi les Noirs ! J'ai pensé que c'était une bonne préparation au retour ….
Pour me venger (???), j'ai invité lundi mes Autrichiens à venir manger chez Françoise, revenue pour quelques jours voir sa maman. Le P. Christophe Mogha était là aussi, et mes petits jeunes ont dû se sentir bien jeunes parmi ces quadras. Après leur départ, nous avons regardé le film "Des hommes et des dieux" sur l'ordinateur de Mogha (je rappelle pour ceux qui ne savent pas que ce film raconte les mois qui ont précédé l'enlèvement puis la mort des moines de Tibhirine, et leurs hésitations : devons-nous partir ou rester ?). Très beau film, d'autant plus bouleversant pour mes amis congolais qu'eux-mêmes ont vécu une situation semblable au moment de la rébellion en 97. Après le film, il était largement l'heure de rentrer au couvent; nous nous installons sur la moto que Christophe a empruntée à un Frère. Problème : le phare ne marche pas, et il fait nuit noire. Après des tentatives infructueuses pour réparer, nous prenons la torche de Françoise, je monte à l'arrière et j'éclaire la route avec la torche, par-dessus l'épaule de Christophe. Ça manquait à mon initiation congolaise …
Samedi soir, il m'est arrivé une aventure bizarre. Nous étions invités, les trois autrichiens et moi, à manger au site de Médair. Il y a là quatre expatriés, deux Français (Isabelle, dont j'ai déjà parlé, et Thomas) et deux Anglais (Pete et Lizzy), tous autour de la trentaine. Nous étions donc entre Blancs, il y avait des pizzas et du vin rouge, des olives et du fromage, le rêve. Pourtant, au bout d'un moment, je me suis franchement demandé ce que je faisais là. Certes, tout le monde parlait en anglais et j'avais un peu du mal à suivre. Mais surtout, la conversation était à mille lieux de mes préoccupations : superficielle, un peu fade, des trucs de jeunes Blancs, d'expat' venus là pour bosser et point-barre. Je me suis sentie aussi étrangère parmi ces Blancs que je le suis parmi les Noirs ! J'ai pensé que c'était une bonne préparation au retour ….
Pour me venger (???), j'ai invité lundi mes Autrichiens à venir manger chez Françoise, revenue pour quelques jours voir sa maman. Le P. Christophe Mogha était là aussi, et mes petits jeunes ont dû se sentir bien jeunes parmi ces quadras. Après leur départ, nous avons regardé le film "Des hommes et des dieux" sur l'ordinateur de Mogha (je rappelle pour ceux qui ne savent pas que ce film raconte les mois qui ont précédé l'enlèvement puis la mort des moines de Tibhirine, et leurs hésitations : devons-nous partir ou rester ?). Très beau film, d'autant plus bouleversant pour mes amis congolais qu'eux-mêmes ont vécu une situation semblable au moment de la rébellion en 97. Après le film, il était largement l'heure de rentrer au couvent; nous nous installons sur la moto que Christophe a empruntée à un Frère. Problème : le phare ne marche pas, et il fait nuit noire. Après des tentatives infructueuses pour réparer, nous prenons la torche de Françoise, je monte à l'arrière et j'éclaire la route avec la torche, par-dessus l'épaule de Christophe. Ça manquait à mon initiation congolaise …

"je me suis franchement demandé ce que je faisais là"... c'est pour ça que je suis souvent plus à l'aise avec des personnes de quelques années de plus que moi !! Enfin c'est sûr que ça te prépare au retour...
RépondreSupprimerA très bientôt,
Grosses bises
Il m'est souvent arrivé à moi aussi de me demander ce que je faisais là, au milieu d'un groupe de personnes avec lesquelles j'étais censée passer un bon moment.Déphasage sur les centres d'intérêt ou dans la manière d'être, toujours est-il qu'on ne se sent pas à sa place et ce n'est pas très agréable...
RépondreSupprimerJ'espère que tu arriveras quand même à te sentir bien parmi nous au retour!
Gros bisous.