lundi 25 juillet 2011

Est-ce qu'on est fait pour vivre ensemble ?

Dimanche, journée bien remplie : baptême de Christelle, puis messe d'action de grâce et repas à la maison. J'arrive à la parcelle vers 9h, et je suis saluée d'abord par tous les jeunes hommes du quartier qui s'affairent à installer les bâches et tout le matériel pour la messe. Puis, en descendant du taxi, je m'aperçois que toutes les femmes, elles, sont à la cuisine pour préparer le repas. Françoise me dit : "Quand les voisins ont su que tu partais, ils sont tous venus pour aider; ils ne voulaient pas te laisser partir comme ça". J'en aurais presque pleuré …
Je suis repartie vers 11h pour le baptême au Sanctuaire, puis retour rue Kinshasa (à 10 dans une toute petite voiture prévue pour 4 personnes). Les P. Roger et Christophe sont déjà là et nous attendent pour commencer la messe. Roger préside, et Christophe fait une très belle homélie, malheureusement un peu interrompue par la pluie qui est venue sans invitation. Mais cela ne suffit pas à troubler la belle ambiance, à la fois grave et festive, de cette journée. Au passage, un petit miracle se produit : sous l'effet de la pluie, un bananier s'est cassé et est tombé sur le bord du toit de la cuisine. Le miracle, c'est que les enfants qui mangeaient tranquillement assis sur un banc en dessous venaient juste de partir, sans raison apparente. Il y a eu quelques dégâts matériels, mais aucun blessé. Papa Boniface avait amené du vin blanc d'Afrique du Sud, un vrai régal, qui a fait la joie des amateurs. Et le poundu de Françoise était toujours aussi bon, malgré les larmes …
Les amis qui ont mon adresse Skype le savent : le titre de cet article est ma phrase d'accueil. C'est une question que je me suis souvent posée durant ce séjour au Congo : sommes-nous faits pour vivre ensemble, ou bien plutôt chacun sur son continent, chacun sur sa planète ? (sachant que chaque homme est à lui seul un continent …). Pour fêter mon départ, et comme petit souvenir de mon passage à Isiro, j'ai voulu poser cette question à mes amis, mes collègues, mes sœurs, toutes les personnes qui m'ont accompagnée durant cette mission. J'ai donc confectionné des petites cartes jolies comme tout, comme je sais faire (en toute modestie), que j'ai imprimé en plein d'exemplaires. Je les ai distribuées dimanche lors de la fête, et lundi pour ma dernière journée à la clinique. Il m'en reste encore pour les Sœurs …
Je dois le dire : malgré toutes les difficultés et les épreuves qui ont jalonné mon séjour ici, le départ est rude. La séparation est toujours une petite mort, et la vie est une succession de deuils. Je voudrais emporter avec moi tous mes amis congolais; et d'une certaine façon, je les emporte avec moi, tout comme j'avais emporté avec moi famille, collègues et amis de France. Une amie m'avait écrit la veille de mon départ pour le Congo : "Tu pars, mais tu sais où tu restes". Oui, je pars, encore une fois, mais je sais que mon souvenir restera gravé dans les cœurs de beaucoup de personnes, et réciproquement.
Finalement, on est bien fait pour vivre ensemble …

2 commentaires:

  1. Merci beaucoup pour ces moments partagés. Au plaisir de te revoir à La Roche de Glun. Bises

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  2. Bravo pour ce beau départ! On a le coeur serré avec toi...Beaux derniers jours au Congo.

    Anne, Benoit et Alix (alias, Anuarité)

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