mardi 5 juillet 2011

Journée tranquille

Ce lundi, je pensais passer une journée tranquille, comme un lundi. Et voilà qu'au détour de la clinique, en portant mes résultats dans les services, je tombe sur Aimée, la grande sœur de Françoise, portant Jean-Paul (son petit-fils) dans ses bras : "Il est malade, je l'emmène pour la consultation". Le médecin de service en pédiatrie n'est pas encore arrivée, je me démène pour qu'un autre médecin le consulte rapidement : pendant ce temps la maman est toute seule à la maison (rappelons que la maman en question est hémiplégique). Le Dr Badhoka le consulte et veut l'hospitaliser. "Est-ce vraiment bien nécessaire ? Il y a déjà la maman malade à la maison, comment on va faire ?". On tergiverse, on pèse le pour et le contre, et on se dit qu'il vaut mieux faire d'abord les analyses au labo, et on avisera ensuite. Aussitôt dit, aussitôt fait (ou presque). L'hémoglobine est à 7, la VS est augmentée, les globules blancs aussi : il est plus prudent d'hospitaliser. J'achète les médicaments, j'appelle Mélanie (une des grandes filles de la famille, étudiante à l'université) pour qu'elle aille prévenir à la maison et confier la maman aux voisins en attendant de pouvoir s'organiser. Être malade au Congo, c'est une aventure.
Quand je retourne au labo, je constate que Robert, l'infirmier qu'on m'avait donné en remplacement de Dido en congé de soi disant maladie, a été muté en garde de nuit. Chantal étant avec les étudiants autrichiens (de toute façon, présente ou absente, on ne voit pas la différence), nous ne sommes plus que trois alors qu'il y a du boulot largement pour 4 ou 5. On se bouge, on court, on se dépêche, jusqu'à 15 heures. Je vais vite à la phonie tenter d'appeler Françoise. Un coup pour rien : impossible de joindre Nangazizi. Je rentre au couvent où j'avale goulûment mon plat de spaghettis : il est déjà 16 heures. Je me pose quand même, le temps d'un café et de quelques arachides, et je repars à Mendambo acheter quelques bricoles et passer voir la maman. Je rentre juste à temps pour les vêpres et la méditation.
Je voulais aller travailler un peu chez les voisins (RSV), mais leur groupe électrogène est en panne. J'en profite pour acheter une bière et la savourer tranquillement dans la douceur du soir. Elle est bien fraîche, c'est un bonheur. Il fait doux, le couvent est presque vide (les Sœurs sont toutes parties faire leur retraite annuelle, à part celles qui ne peuvent pas quitter leur travail). J'écoute la Sr Jeanine raconter des histoires aux enfants de Sr Célestine (enfin, les enfants de son frère, qui sont là en ce moment). Les pieds sur la chaise, la bière à la main, j'apprécie à sa juste mesure cette atmosphère particulière, que je vais quitter bientôt.

1 commentaires:

  1. Continue de bien profiter ma belle, c'est des moments qui nous manquent en rentrant! Pleins de bisous

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