J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit,
Un peu de chair à chaque empreinte de mes pas,Des visages et des voix qui ne me quittent pas :
Autant de coups au cœur, et qui tuent chaque fois …
Les derniers jours à Isiro ont été bousculés, j'ai du courir dans tous les sens pour saluer tout le monde, faire les valises, régler les dernières formalités. Lundi, dernier jour à la clinique; après le service, nous sommes allés boire une bière chez JR avec toute l'équipe du labo. Mardi midi, dernier repas à Mater Dei avec les Sœurs. Je finis mes valises, je nettoie un peu ma chambre, c'est déjà l'heure des vêpres; après la prière, petit mot d'adieu, dernier échange de cadeaux, et je file chez Françoise où j'ai décidé de passer ma dernière nuit à Isiro. Quelques voisins sont là, encore, pour dire adieu, et m'offrir le cadeau réservé aux Blancs : des œufs. Marie-Bernard et la famille viennent boire une dernière bière avec nous. Quand tout le monde est parti, nous discutons encore avec Françoise jusqu'à minuit. À 5h30, je me lève, et nous pleurons encore ensemble pendant une heure. Christophe nous rejoint pour prendre le petit déjeuner avec nous : il voyage lui aussi à Kin et se charge de ma seconde valise (la MONUSCO n'autorise que 20 kg de bagages par personne). Vers 10h, je fais mes adieux à cette famille ( la maman pleure …) et à cette rue que j'aime tant (et qui me le rendent bien) et je rentre au couvent. La voiture de l'Université passe me prendre à midi : l'avion ne part qu'à 14h45, mais il y a beaucoup de voyageurs de l'Université et il faut faire plusieurs trajets. Françoise me rejoint avec Biga (un voisin) à l'aéroport, où m'attendait déjà Isabelle (Médair). L'attente est éprouvante : entre les émotions, la fatigue et la chaleur, j'ai l'impression que mon cœur va exploser. Presqu'au dernier moment arrive la famille Marie-Bernard avec Ya Aimée (la grande sœur de Françoise). Dernières embrassades, on appelle déjà pour l'embarquement : Kolela te ! Ne pleure pas ! Tu parles … Lorsque l'avion décolle je ne peux détacher mon regard de ce paysage si beau et que j'ai appris à aimer. À côté de moi, Katarina (étudiante autrichienne) a le visage ruisselant de larmes. Malgré le bruit assourdissant de l'Antonov, je parviens à lui glisser à l'oreille : "si c'est si difficile après 3 mois ici, tu imagines ce que je vis après 2 ans".
La séparation est comme la mort, dit la chanson, on ne sait jamais si on se reverra. Je laisse une famille, 2 enfants (petite Aimée et Christelle) et tellement d'amis, qui m'ont donné tellement d'amour ! Trop d'amour ! Comment imaginer que je ne les reverrai pas ?
À 16h nous débarquons à Kisangani, juste à temps pour voir décoller notre correspondance pour Kinshasa. Prochain vol le lendemain après-midi. J'appelle André, le fils de Ya Aimée qui étudie à Kis, pour lui dire de venir me rejoindre au couvent des Pères dominicains où je devrai passer la nuit. Il arrive vers 18h, et nous allons boire une bière ensemble avec Christophe et Katarina. Ça me fait du bien : avec lui, je suis encore un peu en famille …
Le lendemain, il pleut toute la matinée; vers midi, la pluie s'arrête enfin et André me rejoint au couvent. Le temps de boire un verre, il est déjà l'heure d'aller à l'aéroport pour le check in. Inutile pourtant d'arriver si tôt : nous attendrons finalement près de 4 heures que l'avion arrive de Kampala. En attendant, j'appelle Françoise qui me dit que tous les voisins viennent les voir pour les consoler et les réconforter : "C'est comme le deuil" me dit-elle; ceux qui connaissent le deuil en Afrique apprécieront ... Il est 18h40, heure locale (19h40 heure de Kis) quand nous atterrissons enfin à Kinshasa. L'Université nous a réservé des chambres à l'USUMA, centre d'accueil en face du couvent des Pères Dominicains, que nous mettons une heure à atteindre. Le trajet a été long et éprouvant, le décalage horaire m'achève : après le repas dans un restaurant du quartier, il est temps d'aller dormir.
À 16h nous débarquons à Kisangani, juste à temps pour voir décoller notre correspondance pour Kinshasa. Prochain vol le lendemain après-midi. J'appelle André, le fils de Ya Aimée qui étudie à Kis, pour lui dire de venir me rejoindre au couvent des Pères dominicains où je devrai passer la nuit. Il arrive vers 18h, et nous allons boire une bière ensemble avec Christophe et Katarina. Ça me fait du bien : avec lui, je suis encore un peu en famille …
Le lendemain, il pleut toute la matinée; vers midi, la pluie s'arrête enfin et André me rejoint au couvent. Le temps de boire un verre, il est déjà l'heure d'aller à l'aéroport pour le check in. Inutile pourtant d'arriver si tôt : nous attendrons finalement près de 4 heures que l'avion arrive de Kampala. En attendant, j'appelle Françoise qui me dit que tous les voisins viennent les voir pour les consoler et les réconforter : "C'est comme le deuil" me dit-elle; ceux qui connaissent le deuil en Afrique apprécieront ... Il est 18h40, heure locale (19h40 heure de Kis) quand nous atterrissons enfin à Kinshasa. L'Université nous a réservé des chambres à l'USUMA, centre d'accueil en face du couvent des Pères Dominicains, que nous mettons une heure à atteindre. Le trajet a été long et éprouvant, le décalage horaire m'achève : après le repas dans un restaurant du quartier, il est temps d'aller dormir.

Nous pensons très fort à toi. Peut-être que tu y retourneras, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve... En attendant, je te souhaite beaucoup de courage. Prends bien soin de toi et à très bientôt maintenant.
RépondreSupprimerGros, gros bisous de nous tous.